Mardi 10 mai 2 10 /05 /Mai 15:40

Ce texte a pour vocation d’aider les Dominants et les dociles à gérer au mieux de leurs intérêts communs et respectif, le délicat processus de prise en mains, propre au BDSM.

 

Il est à regretter que trop souvent les uns comme les autres, lorsqu’ils sont à la recherche du partenaire idéal, agissent de manière opportuniste en se laissant porter et souvent même dépasser par les évènements. Or la moindre erreur de parcours peut au final s’avérer fort préjudiciable, voire même carrément dramatique : Tant de relations se construisent sur des non-dits et des malentendus, ce qui, pour les adeptes du BDSM plus encore que pour les Vanilles, conduit immanquablement à l’échec et à la rupture.

 

Il faut avoir conscience en premier lieu, qu’une relation BDSM ne naît pas du tout de la même façon qu’une relation vanille. En fait, elle obéit à une logique complètement différente et même inverse. Schématiquement, dans une relation vanille, on passe par le processus suivant : On se rencontre par hasard, on se plaît réciproquement, on se découvre quelques affinités communes et l’on cède à la séduction/tentation…

Une relation BDSM ressemble quant à elle, à ces mariages arrangés d’autrefois : On se recherche activement et systématiquement, on étudie ensuite l’opportunité de former un couple, de manière réfléchie et dépassionnée, puis lorsque l’on s’est accordé sur l’essentiel, on s’engage formellement dans la relation et l’on apprend peu à peu à s’apprécier et à s’aimer. Est-ce que cela permet de conclure qu’il y a moins d’amour et de passion dans les couples BDSM ? Personnellement je ne le crois pas, au contraire même. Mais ceci est un autre sujet…

 

Du premier contact à la remise du Collier Formel, le processus de prise en mains est long, complexe et rigoureux. Cela représente plusieurs mois de travail assidu et minutieux. Il ne faut pas déplorer la lourdeur de la démarche et son caractère « administratif » car tout ceci permet d’évaluer précisément le sérieux et la motivation de chacun sur la durée.

 

Même s’il est vrai qu’en réalité, c’est toujours la soumise qui choisit son futur Maître (elle ne manque généralement pas de propositions…), c’est toujours au Dominant de diriger la relation, dès le premier jour. Et il doit savoir garder le contrôle des évènements et gérer correctement le timing, ce qui lui permet de démontrer sa capacité à structurer les rapports du couple. L’empressement est à proscrire, d’un côté comme de l’autre, même s’il est humain de ne pas vouloir risquer de perdre ce qui semble être le partenaire idéal.

 

Le laxisme est tout aussi néfaste, car un mauvais départ, entache la relation pour toujours. L’expérience démontre qu’une docile incapable de se comporter comme une vraie et bonne soumise avant même d’avoir été prise en main, ne pourra que très difficilement changer du tout au tout, une fois qu’elle portera le Collier de son nouveau propriétaire (ceci ne signifie pas qu’une docile sans Collier doive considérer tout Dominant comme son Maître !). De même, un Dom qui, à l’égard d’une soumise potentielle, se montrerait faible, trop indulgent, excessivement tolérant, facilement manipulable ou même incapable de garder la maîtrise de ses envies et de ses émotions, ne pourra jamais devenir un Maître à la poigne de fer dans un gant de velours… Évidemment, en pratique rien n’est simple et facile…

On peut énumérer 18 étapes distinctes dans le processus de prises en mains. A chacune de ces phases, le processus peut s’arrêter net, et chaque partie repart alors à la recherche de sa future « moitié ». Mais chaque étape passée avec succès débouche sur une nouvelle phase plus constructive encore.

1.       Le premier contact

 

La plupart du temps c’est le Dominant qui contacte la première fois sa future soumise, laquelle est comme ses consœurs de soumission, fort convoitée de  tout côtés. En revanche c’est presque toujours le soumis qui contacte pour la première fois sa future Maîtresse – C’est la dure loi de l’offre et de la demande, ce qui permet d’emblée de comprendre que le BDSM est régit par des règles pragmatiques et implacables…

 

Quel que soit son statut, Dominant ou docile, il est indispensable de se présenter correctement si l’on veut espérer obtenir une réponse, ne serait-ce que négative.

 

2.       Premiers échanges et validation de la recherche de chacun

 

Une fois le contact établi entre le Dominant et la docile, ceux-ci procèdent alors aux premiers échanges, par écrit le plus souvent (chat, messagerie instantanée, mail etc.).

 

La première des priorités est de s’assurer de la nature, du sérieux et de l’actualité de la recherche de chacun. Avez-vous bien compris ce que l’autre recherche ? Son annonce est-elle limpide et aucun terme ne vous pose problème ? Comparé à ce que vous-même désirez, est-ce que tout vous semble compatible ? Avez-vous besoin de certains éclaircissements ? Sa ou ses photographies vous conviennent-elles ? Les réponses obtenues vous permettront de jauger le sérieux de votre interlocuteur, et de savoir s’il est toujours en recherche active tandis que son annonce peut être ancienne déjà.

 

3.       Le questionnaire « Vos motivations »

 

Presque toujours négligé, ce questionnaire est pourtant fort utile aux deux parties puisqu’il permet de cerner la personnalité, les aptitudes et les attentes de la docile, et qu’il évite toute négociation inutile pour cause d’incompatibilité première. Pour celle ou celui qui remplit le questionnaire, c’est un formidable moyen de mieux se connaître et de prendre conscience de toutes les dimensions qui composent une relation BDSM, et tout particulièrement de D/s.

 

C’est au Dominant d’adresser le questionnaire à la personne soumise en lui fournissant toute explication et assistance nécessaire. On peut trouver ce type de questionnaire sur certains sites web à caractère BDSM (surtout anglo-saxons), mais il est indispensable que chaque Dominant rédige ses propre question en fonction de ses centres d’intérêts personnels

 

Ce questionnaire permet au Dominant de prendre connaissances dans les détails de la personnalité de la docile, de ce qui fait sa vie actuelle, de ses inclinaisons en matières de BDSM, de ses pratiques sexuelles, de ses attentes relatives à sa futur vie et à son futur Maître etc. etc.

 

Les questions sont nombreuses, tantôt ouvertes et tantôt fermés, parfois très directes, et cela ressemble assez à un test de personnalité, comme chacun à pu en remplir un au cours de sa vie. A quoi bon commencer à négocier avec une soumise potentielle qui est marié et a des enfants, si vous recherchez une conjointe ne voulant jamais devenir mère ? A quoi bon discuter avec un Dom si vous êtes incapable d’endurer la moindre douleur physique ?

 

4.       Commentaires suite à l’étude du questionnaire – Validation ou pas de la compatibilité des personnalités.

 

Une fois le questionnaire reçu et dûment complété par la personne docile, le Dominant doit étudier avec la plus grande des attentions, chaque réponse donnée. Il y a toujours des compléments d’information à obtenir pour ne laisser subsister le moindre doute. Ces explications se font sous la forme d’échanges (écrit ou verbaux) cordiaux, respectueux et constructifs. Le « vous/vous » est de rigueur.

 

Il n’est pas d’usage que le Dominant remplisse un questionnaire similaire à destination de la soumise potentielle. En revanche, celle-ci a parfaitement le droit d’interroger le Dom sur tout point qui l’intéresse, en se montrant toujours très respectueuse de lui et de l’Etiquette. Bien naturellement, le Dom doit lui répondre de manière parfaitement honnête et précise.

 

Au terme de cette phase de découverte mutuelle, les deux parties s’accordent alors pour dire s’ils sont à priori compatible ou pas, et s’il est opportun de poursuivre la discussion afin d’envisager ensemble une relation BDSM.

 

5.       Envoi de la Check-list vierge et de son annexe à la docile.

 

L’étape suivante est l’envoi par le Dominant à sa soumise potentielle de sa «Check-list ». Cet outil est plus connu que le «Questionnaire », il n’est cependant pas toujours très bien compris et utilisé, notamment parce que la plupart du temps il manque à la docile, les explications nécessaires à la bonne réalisation du travail qui est attendu d’elle.

 

C’est pourquoi je conseille à tout Dominant de prendre le temps de rédiger une petite annexe visant à faciliter la compréhension des différents termes et points listés dans la Check-list , de donner des indications utiles pour que les évaluations soient les plus précises possibles, et pour lever toute ambiguïté éventuelle (beaucoup d’activité énumérées dans la Liste doivent se comprendre différemment selon que l’on est Dominant ou docile : Pour le premier il s’agira essentiellement de savoir s’il aime faire telle ou telle chose à sa soumise, pour la seconde il sera question d’évaluer son acceptation à vivre telle ou telle pratique voulue par son Dom). Il est indispensable que la docile demande des éclaircissements au Dominant si elle se trouve perplexe devant tel ou tel point tandis qu’elle est en train de compléter sa Liste.

 

Que les novices ne s’étonnent pas du fait que la Check-list soit excessivement détaillées et « crue ». Il s’agit très clairement de faire étalage au grand jour de ses pratiques BDSM et sexuelles, d’évaluer avec précision ses goût et ses aversions, de révéler ou sans manque d’expérience justement. Il ne faut ni mentir, ni exagérer (dans un sens comme dans l’autre), ni omettre…

 

Pour des Vanilles, la Check-list est non seulement incompréhensible mais également insupportable du point de vue de leur morale. Car ces personnes partent du principe que l’on doit d’abord se mettre en couple pour ensuite élaborer à deux une sexualité et des jeux qui tiennent compte des limites de chacun. En BDSM c’est souvent, et notamment pour les Dominants, « à prendre ou à laisser », sachant que la personne docile sait à quoi elle doit s’attendre dès le départ. Il est impensable qu’un Dominant se prive de pratiques qui lui sont indispensables pour être satisfait et heureux, et il doit savoir dès le début ce que la personne docile est capable de lui apporter dans le domaine sexuel ou des activités BDSM. Quant à la soumise, sa nature intrinsèque la pousse tout naturellement à s’adapter aux exigences de son Maître ou de sa Maîtresse, étant elle-même en quête de nouvelles sensations, de nouveaux plaisirs, de nouvelles expériences pouvant la faire évoluer.

 

6) Réception et étude de la Check-list de la docile

 

C’est avec la plus grande des concentrations que le Dom doit prendre connaissance de la Check-list remplie par la docile. Il est hors de question de survoler le tableau en se contenant d’un aperçu global. Chaque point du listing doit être passé en revue, et à chaque fois le Dominant doit se poser la question de savoir si la réponse apportée par la docile correspond à ce qu’il attend de sa future soumise.

 

Si la Check-list a été complétée sérieusement et qu’elle est analysée avec rigueur et intelligence, en regroupant et en croisant les réponses le Dominant obtient une idée très précise du potentiel de la docile.

 

Attention à bien avoir identifié et différencié les « hard et les soft limits » : Une « soft limit » correspond à une pratique que vous ne voulez absolument pas vivre pour le moment, mais vous admettez la possibilité qu’un jour vous puissiez éventuellement changer d’avis. Rien n’est sûr, mais c’est envisageable dans l’absolu. En revanche une « hard limit » correspond à une pratique que vous ne vivrez jamais, et de cela vous en êtes certain(e). C’est un tabou absolu. Vous êtes catégorique, parce que vous savez qu’une telle pratique vous blesserait soit physiquement, soit mentalement, soit émotionnellement.

 

Si le Dom l’estime nécessaire il peut demander à la personne docile de confirmer telle ou telle réponse qui lui apparaît contradictoire avec telle autre. Parfois ce qui fait peur est excitant… Parfois on est capable d’accepter ce qui pourtant nous répugne. Le BDSM est fait de subtilités…

 

Plusieurs allers et retours peuvent être nécessaires pour qu’une Check-list finisse par être parfaitement complétée.

 

7) Envoi de la Check-list du Dom à la docile

 

Lorsque le Dom a fini d’étudier la Liste de sa soumise potentielle, il peut soit déclarer qu’à la vue des réponses fournies il n’est pas opportun de poursuivre les échanges (c’est le cas lorsque la docile a mis en évidence des soft ou des hard limits qui correspondent à des besoins pour le Dominant), soit il envoie à son tour sa propre Liste dûment complétée.

 

Un Dominant doit se connaître parfaitement, donc la soumise potentielle est en droit d’attendre une Check-list parfaitement remplie.

 

8) Réception et étude de la Check-list du Dom par la docile

 

La docile prend connaissance de la Liste de son Maître potentiel et elle compare à son tour les réponses fournies avec ses propres besoins, ses propres envies et ses propres limites.

 

Les personnes de nature soumise sont enclines à accepter beaucoup de nouveautés ou de pratiques qui ne les enthousiasment pourtant pas particulièrement. Elles ont le besoin profond de s’améliorer, de s’ouvrir et de s’épanouir, et bien entendu de plaire et donc de satisfaire leur Dominant. C’est pourquoi les blocages au niveau de la Check-list viennent plus souvent des Dominants que des dociles. Mais que ces dernières aient bien conscience qu’il est insensé d’accepter l’inacceptable. Prétendre que l’on est d’accord pour expérimenter - voire pour endurer- ce que l’on considère être insupportable, c’est aller droit dans le mur. Et aucun Maître n’est d’accord pour entendre sans cesse le « Mot de Sécurité » sous prétexte que sa soumise craque au beau milieu d’une activité qu’elle savait depuis toujours ne pas pouvoir supporter…

 

Le Dominant s’assure de la bonne réception de sa Liste par la docile, et il lui demande confirmation qu’elle a bien compris toutes les réponses qu’il lui a fourni. C’est son devoir de vérifier qu’il ne subsiste à ce stade aucun malentendu, car si la docile affirme qu’elle se sent en affinité avec le profil du Dominant, une étape nouvelle va pouvoir être passée.

 

9) Début des Négociations

 

Voila le moment tant attendu des Négociations… Les choses deviennent alors vraiment sérieuses puisqu’il est entendu que les parties envisagent de manière concrète de développer leur relation en tant que Maître et soumise.

 

Commence alors une période d’intenses discussions afin de passer en revue tous les aspects de l’éventuelle future relation. « Si je devenais Votre soumise, est-ce que je devrais faire ceci ou cela ? ». « Si je devenais votre Maître, accepteriez-vous de vous plier à telle ou telle de mes exigences ? ». Tous les sujets sont évoqués, sans limitation et sans pudeur, mais toujours avec le respect mutuel qui s’impose. La docile et le Dominant ne sont pas encore soumise et Maître et chacun doit s’en souvenir.

 

On parle de « Négociations » car il est indispensable que chaque partie fasse des efforts et consente à certaines choses pour qu’aucun blocage n’empêche la relation de se concrétiser. Nous l’avons vu avec les « soft et hard limits », il y a certains points qui ne sont pas et ne seront jamais négociables, et d’autre part aucune docile ne devrait s’engager à faire ce qu’elle sait ne pas pouvoir assumer. Toutefois il existe souvent une marge de manœuvre suffisante pour que Dominant comme docile puissent trouver un point d’équilibre.

 

Les Négociations peuvent durer longtemps, plusieurs semaines même. Il ne faut pas les bâcler car leur importance est cruciale. Celui qui se montrerait léger durant les Négociations, par manque d’assiduité, d’attention, d’investissement personnel, de conciliation etc… devrait normalement être sanctionné par une rupture du dialogue.

 

L’Etiquette veut que durant les Négociations les parties n’entretiennent aucune autre relation avec de tierces personnes susceptibles de vouloir négocier également. Ceci signifie qu’elles ne doivent ni chercher ni accepter la moindre sollicitation extérieure émanant d’autres dociles ou d’autres Doms. Il n’est ni convenable ni honnête de jouer sur plusieurs tableaux à la fois, en se disant que si les Négociations en cours venaient à échouer il y aurait quand même un ou plusieurs « plans de secours ».

 

10) L’acceptation du projet de prise en mains

 

Lorsque arrivés au terme de leurs Négociations le Dominant et la docile sont parvenus à un accord global et détaillé, que tout est bien clair pour eux deux, ils sont alors sur le point de s’unir dans le respect des principes du BDSM.

 

C’est le temps des promesses et des serments ; Le moment où il est enfin possible de taire sa raison pour laisser s’exprimer ses sentiments.

 

Dorénavant ils ne sont plus disponibles pour aucune autre personne en recherche, la leur est terminée - du moins ils l’espèrent fortement. Ils ont le devoir (mais c’est une évidence pour qui est vraiment sincère) de repousser toute avance éventuelle, ce qui est rapidement nécessaire lorsque l’on a publié une annonce sur Internet.

 

11) Le Collier de Considération

 

Premier Collier que reçoit une soumise lorsque son Maître est respectueux de l’Etiquette, le Collier de Considération correspond à la bague de fiançailles pour les Vanilles.

 

Ce Collier, comme tous les autres d’ailleurs, ne se remet jamais virtuellement ! Même si le Maître et la soumise se sont connus sur Internet et qu’ils vivent loin l’un de l’autre, ce qui est souvent le cas de nos jours, ils doivent attendre de se rencontrer physiquement pour que le Collier de Considération puisse être offert par le Dom à la docile.

 

Si les puristes de la D/s affirment qu’à ce stade le Dominant n’est pas encore officiellement Maître et la docile pas encore officiellement soumise, dans les faits il en est pourtant ainsi. D’un point de vue pratique, le fait de porter de manière régulière le Collier d’un Dominant fait de la docile sa soumise, même en l’absence de Contrat de Soumission (abstraction faîte du Collier de Protection bien évidemment).

 

12) Expérimentation de la relation

 

Commence alors une période « d’expérimentation » où le couple existe et fonctionne selon les règles dont il a convenu durant la période de Négociations.

 

Cela ne dure guère plus de quelques semaines, juste le temps pour chacun de s’assurer que tout se passe comme il l’espérait, qu’il n’y a pas de différence significative entre le comportement constaté et les engagements pris auparavant. De la théorie à la pratique en somme… Pour les Vanilles, la période durant laquelle les futurs époux sont fiancés poursuit le même objectif finalement.

 

13) Le Collier d’Entraînement

 

Le Maître éprouve rapidement le besoin d’éduquer sa soumise de façon à pouvoir commencer à la modeler selon ses désirs. Toute soumise digne de ce nom n’est d’ailleurs pas moins impatiente d’apprendre à servir au mieux son Seigneur et Maître.

 

Celui-ci lui remet alors son second Collier, le Collier d’Entraînement, dont l’aspect est typique des Colliers de Soumission, excepté pour ce qui est de la couleur (rouge). Il lui offre en même temps son Cahier de Soumission, outil extrêmement utile et précieux pour la docile comme pour son Dom, qu’elle se fera un devoir de remplir chaque jour sans exception sous peine d’être sévèrement punie.

 

Il est bienvenu que le Dominant organise une petite soirée à l’occasion de cette remise de Collier, mais cela peut aussi être tout simplement l’aboutissement d’une sortie agréable par exemple.

 

14) La période de formation et d’entraînement

 

Dès lors la relation entre dans une toute autre dynamique : A partir de ce moment le Maître consacre énormément de temps et d’efforts pour enseigner à sa soumise tout ce qu’il attend d’elle, dans tous les domaines et en entrant dans le détail. C’est une période de travail intense pour chacun, et ce n’est pas forcément l’époque la plus ludique et agréable de la relation. Le Dominant doit faire preuve de beaucoup de pédagogie, de compréhension, de patience, de persévérance… Mais aussi de fermeté, d’autorité, et de capacité à punir lorsque cela est indispensable. Je dirais que c’est la politique de la carotte et du bâton, sans arrière-pensée évidemment…

 

C’est une période difficile pour la soumise également, qui pensera souvent qu’elle n’est pas à la hauteur des espérances de son Maître, qu’il lui en demande trop, que tout ça la submerge complètement. Mais avec le soutien et les encouragements de son Dominant, la plupart du temps elle parvient à progresser spectaculairement en l’espace de quelques mois seulement.

 

15) La Lettre d’Engagement

 

Voila bien longtemps déjà que le Maître et sa soumise ont convenu d’une date devant rendre leur relation « formelle » selon l’Etiquette du BDSM. C’est souvent pendant les Négociations que le Dominant détermine le planning, mais cela peut intervenir plus tard en fonction des progrès plus ou moins rapides de la soumise durant sa période de formation et d’entraînement. Pour ma part je considère qu’il est sage de laisser s’écouler le délai d’une année entière entre le moment de la remise du Collier de Considération et celui du Collier Formel, attendu la valeur symbolique de ce dernier.

 

Lorsque l’heure approche de signer le Contrat d’Appartenance, il revient à la soumise d’écrire avec sa plus belle plume une lettre à son Maître pour lui demander humblement de bien vouloir la prendre officiellement pour soumise. Elle mettra tout son cœur à l’ouvrage, s’efforçant de faire cette lettre un cadeau exceptionnel tant par son aspect que par son contenu. Chaque mot doit être choisi avec soin, chaque pensée et chaque sentiment doivent être exprimés avec justesse et finesse.

 

Cette Lettre d’Engagement sera offerte au Maître lorsque la soumise le jugera opportun, et elle sera reçue par son Maître avec émotion car c’est l’équivalent pour les Vanilles d’une demande en mariage…

 

On renouvelle ici le principe voulant que ce soit la soumise qui choisisse son Maître…

 

16) La rédaction du Contrat de Soumission

 

Puisqu’il est évident que le Maître et la soumise sont voués à s’unir durablement, et que cette dernière vient de renouveler par écrit son souhait de lui appartenir « pour toujours », la prochaine étape dans leur relation est marquée par la rédaction du Contrat d’Appartenance.

 

Contrairement à ce que beaucoup s’imaginent, le Contrat ne doit pas être rédigé par le Maître uniquement. Il a la responsabilité de son écriture, mais ce document doit être le fruit d’un véritable échange avec la soumise. Ne surtout pas réutiliser un document « tout fait » trouvé quelque part sur le web ; Votre Contrat d’Appartenance doit être taillé sur mesure pour votre couple.

La rédaction du Contrat ne devrait pas correspondre à une nouvelle phase de Négociations – Celles-ci sont achevées depuis longtemps déjà. Il s’agit simplement d’un travail réalisé à deux et permettant à la soumise de s’impliquer pleinement dans l’élaboration du document, qui pour les Vanilles est un peu l’équivalent de leur contrat de mariage.

 

Plus le couple aura vécu ensemble auparavant, plus leur relation sera développée, et plus il sera facile de rédiger le Contrat d’Appartenance puisqu’il s’agira essentiellement de mettre noir sur blanc ce qu’ils vivent au quotidien depuis des mois déjà. Les engagements et les limites de chacun, les objectifs poursuivis à travers la relation, le mode de fonctionnement du couple, tout ceci sera chose entendue. D’où l’intérêt de bien suivre le processus de prise en mains…

 

17) La préparation de la Cérémonie du Collier Formel

 

La signature du Contrat d’Appartenance est un évènement majeur dans la relation de BDSM. Elle correspond à la remise du Collier Formel, ce fameux collier en cuir noir orné d’un anneau – symbole même de la soumission…

 

A cette occasion le Maître prépare suffisamment longtemps à l’avance une soirée, généralement intime, à laquelle seuls quelques proches peuvent être conviés. Chaque Dom organisera les choses à sa convenance, mais en aucune façon il ne pourra s’agir d’une séance de BDSM. C’est une véritable cérémonie, avec tous les rituels que cela implique, et les mots clefs sont alors Complicité, Amour, Offrande, Respect, Honneur, Dignité, Responsabilités, Noblesse, Solennité…

 

Le grand jour venu, le Maître et la soumise prennent un bain séparément et font leur toilette minutieusement. Ce bain s’assimile à un rite de purification. La soumise s’épile avec soin en portant une attention particulière à son visage, ses aisselles, ses seins, son sexe et ses fesses, puis elle se maquille de manière raffinée et sexy mais non outrancière. Le Maître, quant à lui, se rase de près le visage, et il s’épile éventuellement. Tous deux se coiffent impeccablement et se parfument légèrement. Si la soumise a une Sœur de Soumission, c’est à elle que revient l’honneur d’aider son amie à se préparer avant la Cérémonie.

 

La soumise revêtira la robe qu’elle a créée spécifiquement pour la Cérémonie et elle mettra son Collier d’Entraînement. Elle ne portera ni sous-vêtements, ni chaussures, ni aucun bijou. Le Maître s’habillera comme il le souhaite mais en choisissant une tenue élégante.

 

Pendant que la soumise fait sa toilette, le Maître s’occupe des derniers préparatifs avant le début de la Cérémonie : Il vérifie que tout est propre et en ordre dans la pièce, plonge celle-ci dans l’obscurité et crée l’ambiance en allumant des bougies et en faisant jouer une musique d’accompagnement sélectionnée avec goût.

 

18) Le Contrat d’Appartenance et la remise du Collier Formel

 

Sous le regard de leurs invités chargés de filmer et de photographier la Cérémonie, Maître et soumise officialisent leur relation en signant tous deux le Contrat d’Appartenance. Un exemplaire revient à chacun, et y sont annexés les deux Check-lists et la Lettre d’Engagement de la soumise.

 

Leur union est scellée une fois qu’ils ont versé à côté de leur signature une goutte de leur sang. Une petite piqure avec une aiguille à coudre suffit.

 

Ensuite le Maître enlève le Collier d’Entraînement du cou de sa soumise, et il se saisit du Collier Formel exposé sur le Coussin de Présentation (petit coussin servant rituellement à présenter les objets auxquels on accorde une valeur symbolique, comme les Colliers, la cravache etc…). Il le place lentement et solennellement sur le cou de sa soumise. Si le Collier est pourvu d’une boucle permettant l’usage d’un cadenas, le Maître pose et ferme celui-ci puis montre bien à sa soumise qu’il conserve la clef avec lui. Le Collier ne pouvant plus être enlevé que par son Maître, la soumise ressent alors pleinement son appartenance et le pouvoir de son Dominant, ce qui lui procure une sensation extraordinaire. C’est pourquoi je recommande vivement aux Dominants de ne pas utiliser de cadenas avant le jour de la remise du Collier Formel afin de ne pas atténuer l’effet escompté…

 

Une fois le cadenas posé, le Maître accroche la laisse à l’anneau du Collier, embrasse sa soumise, puis il la tire légèrement vers le sol afin qu’elle se prosterne devant lui. Elle lui baise lentement et tendrement les pieds pour exprimer de manière symbolique son respect et sa soumission, et demeure prosternée et immobile. Puis le Maître la fait se relever en tirant doucement sur la laisse.

 

La soirée se poursuit dans une ambiance festive par un petit repas ou un grand festin, selon le nombre des convives et leur appétit ! Jamais la Cérémonie ne doit donner lieu au moindre débordement, et encore moins à une « partie fine » entre invités…

 

 

Pour conclure, un petit mot au sujet de la Cérémonie des Roses…

 

Cette cérémonie quasi inconnue en France est pourtant assez appréciée outre-Atlantique par les adeptes de la D/s. C’est une célébration supplémentaire et optionnelle à la Cérémonie du Collier Formel qui a pour but de traduire l’engagement réciproque « éternel » du Maître et de sa soumise. Elle se déroule en général plusieurs années après la signature du Contrat d’Appartenance, une fois que le couple est bien installé dans sa relation de D/s.

 

La Cérémonie des Roses a souvent pour cause un évènement important affectant la vie normale du couple : La naissance imminente d’un enfant, la survenue d’une maladie ou d’un accident, un cap difficile dans la relation mais franchi avec succès etc…

 

Par soumise jade de Maître José - Publié dans : Articles BDSM
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